Preston Love


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Preston Love parle dans Jazz Hot de décembre-janvier 2007. Ou plutôt "parlait", puisque l’interview date de juin 2002. Le saxophoniste Preston Haynes Love ("Preston Haine Amour" ?) raconte sa carrière avec l’humilité des musiciens, sinon de l’ombre, du moins de la pénombre (même s’il a eu son heure de gloire : un autobus avec son nom dessus !), avec l’élégance des artistes de talent et l’autorité aussi de ceux qui ont vécu le jazz de l’intérieur et suivi son évolution depuis la grande époque des big bands jusqu’à l’indéfinissable rhythm & blues :


A propos des territory bands : « Les territory bands, de moindre renommée et de moindre envergure [que les orchestres de Basie, Ellington, Lunceford], jouaient de la musique de danse. Ils ne jouaient pas tout à fait du jazz ; c’était plutôt de la musique pour faire danser, de la dance music. »

Les années 40 : « C’était la grande époque ! Les deux musiques, la blanche et la noire, étaient alors très différentes ! La musique noire était très créative, en pleine évolution, alors que la musique blanche ne faisait qu’imiter les Charlie Parker ou Lester Young pour n’en citer que deux. Nous, Noirs, avions une culture différente : elle provenait de nos habitudes de vie et de nos comportements. »

L’église : « La musique d’église, la plus grande chose qui nous soit arrivée ! C’est un mélange, un tout dans la façon dont on exprime notre être, notre âme : nos lamentations, nos souffrances, dans nos vies d’Afro-Américains. […] Personne ne peut nous imiter, les Blancs ont une expérience différente de la vie. Leur culture l’est également. »

Preston Love est mort en 2004. Il a publié son autobiographie en 1997, A Thousand Honey Creeks Later (My Life In Music), Wesleyan University Press.